Je le regardai avec un mélange d’amusement et d’incrédulité.— Qu’est-ce qui a merdé ?Il hésita une seconde, puis lâcha dans un soupir :— J’ai eu envie de toi…Je clignai des yeux, pris au dépourvu.— Oh ! Peter ! Réveille-toi ! Tu as eu envie de MOI ?Complètement affolé, il secoua la tête, s’empressant de rectifier :— Non, non, frère, ne te gourre pas, j’ai pas eu envie de toi ! N’aies pas peur, je suis pas PD !Il souffla bruyamment, comme pour évacuer son trouble.— Mais les images de notre partie à trois avec Djamila me sont revenues… La partouze avec les Allemandes aussi… Bref, tous ces souvenirs, toutes ces sensations, ces plaisirs partagés…C’était tellement le pied !Il marqua une pause, visiblement gêné d’aller jusqu’au bout de son aveu.— Et alors ? Elle a lu en toi ?Il grimaça.— Pire… Je… Je lui ai proposé de te faire venir !Je me statufiai.— Ah oui ! Quand même ! Quand t’es direct, t’es direct, toi ! Tu renies pas tes origines allemandes !Il eut un rire nerveux, mais ne répondit rien.— Et tu ne te doutais pas que c’était éventuellement à elle de t’en faire la demande ?— Pourquoi ? C’est comme ça que ça se passe ?Je soupirai, amusé par son ignorance candide.— Peter, mon frère… Proposer un plan à trois, ça peut exciter certaines filles, mais seulement si c’est elles qui en ont envie. Et la plupart du temps, ça demande un minimum de finesse… Tu peux pas balancer ça comme si tu proposais une bière !Il haussa les épaules.— Ben, avec Djamila, c’est elle qui nous l’a proposé, non ?— Oui, justement. Et c’était Djamila. Une fille qui connaît son plaisir, qui sait ce qu’elle veut et qui n’a pas de tabous. Et je ne sais pas si tu l’as bien compris, mais la belle Djamila pratique en quelque sorte une forme de prostitution…Mais Hélène…Je laissai planer un silence, cherchant mes mots.— Hélène, c’est pas une fille qui vit sa sexualité de la même manière. Déjà, elle t’a résisté au début, c’est qu’elle avait besoin d’être rassurée. Toi, au lieu de prendre ton temps, tu lui balances une proposition qui a dû la mettre en vrac !Il fronça les sourcils, réfléchissant à mes paroles.— Tu crois qu’elle a pris ça comment ?— Comme une gifle. Ah non, pardon… Ça, c’est toi qui l’as reçue.Il fit une moue boudeuse.— Putain… J’ai vraiment merdé, hein ? Je suis un con !Je lui tapotai l’épaule, compatissant malgré mon amusement.— Disons que t’as grillé quelques étapes… et que t’as peut-être touché un point sensible chez elle.Il soupira, se laissant retomber sur le matelas.— Je suis vraiment con, des fois…Je souris.— Souvent. Non, calme-toi, je rigole… Et rassure-toi, frère… Y a des conneries bien plus graves que de vouloir partager un bon moment avec moi.Il me jeta un regard en coin, avant d’esquisser un sourire en coin.— Tu crois que j’aurais eu une chance, si j’avais mieux amené le truc ?Je haussai les épaules.— Peut-être… Mais ça, tu le sauras jamais. Il fallait surtout la laisser parler !Il poussa un long soupir, avant de rire doucement.— Merde… J’ai vraiment cru que j’étais sur un coup facile.— Frère, la vie te réserve encore bien des surprises avec les femmes.Il ferma les yeux un instant, méditant sur ses erreurs… Puis, après un silence, il ajouta d’une voix plus calme :— Bon… Tu crois que demain, je peux tenter de m’excuser ?— À condition que tu lui dises pas que t’as encore envie de me faire venir dans son lit… Et uniquement t’excuser, parce qu’à mon avis, pour relance le moteur, va va être dur !Il éclata de rire, me donna une tape sur l’épaule, et, pour la première fois depuis qu’il était entré, il sembla se détendre.— Mais tu es peut-être crevé ? Je vais te laisser dormir.— Oui, je veux bien.— Ca te dérange pas si je reste là avec toi ? Parce que seul dans ma chambre, ça va tourner toute la nuit dans ma tête.— Oui, mais alors comme deux frères, hein ? Et je partis dans un franc sourire.Lui aussi mais en profita pour me donner un vigoureux coup de poing sur l’épaule.— T’es con, frère ! Je crois que c’est pour ça que je t’aime bienJe me tournais encore et encore, incapable de trouver le sommeil. La fatigue était bien là, et pourtant, mon corps restait en éveil, prisonnier d’une tension sourde qui ne cessait de grandir. Peter dormait à l’autre extrémité du lit, du moins, c’était là qu’il s’était installé avec un soupir lourd, s’imposant une distance presque exagérée. Une précaution que je comprenais, mais qui, paradoxalement, ne fit que renforcer mon propre trouble. Il était nu. Dans mon lit. Et moi aussi. Et je n’arrivais pas à l’ignorer.À plusieurs reprises, mes paupières se fermaient enfin, mais mes rêves, eux, se chargeaient de me rappeler mon état. Des souvenirs récents, des images fugaces, des sensations déjà connues mais trop délicieusement troublantes pour être oubliées. Mon sexe ...
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