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Voyage en side-car au Maroc 85

Publié par : pierre49590 le 20/06/2026
** NEW **

Ce ne fut qu’un peu plus tard, alors que la soirée s’étirait dans la douceur nocturne du Ryad, qu’en rentrante je réalisai l’absence de la Yamaha de Peter à son emplacement habituel. Je balayai rapidement la cour du regard, espérant les apercevoir encore attablés quelque part, sirotant un dernier verre ou fumant une cigarette en profitant de la brise du soir, mais rien. Un sourire en coin se dessina sur mon visage. Il n’était donc pas rentré.L’idée que mon cher Peter puisse, à cet instant précis, être en charmante compagnie fit naître en moi une satisfaction complice. J’imaginai son rire franc, son regard pétillant face à la belle Hélène, sa silhouette fébrile dans l’obscurité, et cette fougue un peu maladroite qui le caractérisait quand il se laissait emporter.Je pris la direction de ma chambre. J’allais me coucher, souhaitant de tout cœur à mon ami une conclusion heureuse à sa rencontre. Et, tandis que je m’allongeai nu sur mon matelas encore tiède de la chaleur du jour, je me surpris à me demander comment, exactement, cette nuit-là allait se dérouler pour lui…Ce fut juste au moment où le sommeil commençait à m’emporter, où mes pensées s’évaporaient doucement dans une torpeur agréable, que trois coups secs retentirent à ma porte. Je grognai, à moitié conscient, roulant sur le côté avant de me redresser lentement. Qui pouvait bien venir me déranger à cette heure ? Était-ce Madeleine, oubliant encore une fois ses clés ? Ou Daoud, incapable d’attendre jusqu’à l’aube ? Je me levai d’un pas traînant et ouvris la porte, plissant légèrement les yeux sous la lumière tamisée du couloir.Peter se tenait là. Et je faillis éclater de rire.Il avait l’air penaud, debout dans l’encadrement de la porte, les épaules légèrement rentrées et une moue boudeuse sur le visage. Mais surtout…Sa joue gauche arborait une magnifique empreinte rouge, cinq doigts nettement dessinés sur sa peau claire. Une baffe. Une vraie. Une claque magistrale, administrée avec une précision chirurgicale.Je me mordis la lèvre pour ne pas exploser de rire et croisai les bras en prenant un air faussement sérieux.— Alors, frère… soirée mouvementée ?Il poussa un profond soupir, baissa la tête et entra sans attendre mon invitation. D’un pas las, il traversa la pièce et se laissa tomber sur mon lit avec la désinvolture de quelqu’un qui venait d’encaisser plus qu’il ne pouvait gérer. Il s’y allongea, prenant tout de même soin de me laisser ma place habituelle, comme un vieux réflexe, une habitude tacite entre nous.Je refermai doucement la porte et vins m’installer à côté de lui, reprenant naturellement ma place, le matelas s’affaissant légèrement sous mon poids. Le silence s’installa entre nous, épais, mais pas pesant. Un silence d’attente, un silence complice.Je le connaissais bien maintenant. Je savais qu’il finirait par parler, qu’il ne pourrait pas garder pour lui bien longtemps ce qui lui brûlait les lèvres. Alors je ne dis rien. Je me contentai de fixer le plafond, les mains croisées derrière la tête, guettant son souffle irrégulier, le léger mouvement de ses doigts qui jouaient nerveusement avec le tissu du drap. J’attendis. J’attendis parce que je savais que les confidences ne tarderaient pas.Peter se redressa légèrement sur un coude, fixa le plafond un instant, puis, après un soupir hésitant, il commença d'une voix plus basse qu'à l'accoutumée, comme s'il avait du mal à organiser ses pensées.— Putain, frère… Je pige pas.Je gardai le silence, l'encourageant sans un mot à poursuivre.— J'étais trop content, tu vois… Après le dîner, j'ai suivi ton conseil. Je l'ai emmenée sur ma bécane, direction l'entrée des gorges. Il marque une pause, repassant visiblement le film dans sa tête.— Elle a adoré. J'te jure, elle était comme une gamine, elle riait dans mon dos, accrochée à moi, la tête posée sur mon épaule. Quand on est arrivé là-haut, je savais que c'était gagné… Y avait cette putain de pleine lune qui donnait un éclairage de rêve, et elle était là, à me mater avec ses grands yeux brillants. J'ai pas perdu de temps, hein, tu me connais. Je l'ai pris par la main, je lui ai dit un truc à la con, genre "C'est encore plus beau avec toi ici", un machin bien sucré… Et ça a marché.Il tourne la tête vers moi, un presque admiratif aux lèvres.— Frère, je te jure, j'ai même pas eu besoin de l'embrasser le premier. C'est elle qui est venue.J'acquiesçai, attendant la suite.— Au début, c'était… trop bien. Un vrai baiser, profond, langoureux. Son corps contre le mien… Je me suis dit, ça y est, c'est bon, c'est plié.Il marque une pause, triturant le drap entre ses doigts, avant de reprendre.— Alors, forcément, j'ai voulu aller plus loin. T’imagine ma bite déjà en feu ? Je l'ai attirée contre moi, mes mains sur sa taille, remontant sur ses côtes, sur ses seins. Et là…Il soupira, visiblement agacé.— Là, elle m'a stoppé net.Il fit un geste de la main comme pour illustrer une barrière invisible.— Pas brutalement, hein… Juste, elle a posé ses mains sur les miennes et les a doucement repoussées.Je notai le froncement de ses sourcils, signe de son incompréhension.— Rien à voir avec Djamila, je te le dis. Djamila, elle, elle en demandait encore et encore, t'as vu. Mais Hélène… elle était plus… comment dire… prude ?Il grimaça légèrement, cherchant le bon mot.— Enfin, sur le moment, j'me suis pas démonté. Je me suis dit qu'il fallait juste la chauffer un peu plus, qu'elle avait peut-être juste besoin d'être mise en confiance.Il se redressa un peu plus ...

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