BonjourSachant qu'en amour il faut savoir varier les plaisirs, et à la demande de nombreux messages, je reprends la suite de mon voyage au Maroc.pour ceux qui arrivent ici pour la première fois, je leur conseille de lire les épisodes précédents...Merci à mes fidèles et lecteurs et à vos notes !Je la vis lever légèrement la tête de son livre, distraite un instant par un bruit dans le patio, avant de replonger aussitôt dans sa lecture. Mais Peter, lui, l’avait repérée. Assis nonchalamment sur son transat, une jambe étendue, l’autre repliée, il portait son verre de thé à ses lèvres en l’observant du coin de l’œil.Je connaissais ce regard. Curieux, amusé, légèrement prédateur, mais toujours avec cette touche d’innocence désarmante qui le rendait irrésistible. Il n’avait pas besoin d’en faire trop. Un simple sourire, un regard appuyé, une phrase bien placée suffisaient en général à attirer l’attention. Et justement, après une gorgée de son thé, il fit ce qu’il savait faire de mieux : engager la conversation simplement, comme il l’avait fait avec moi au début, comme si cela relevait de l’évidence.— Alors, il est bien, ce bouquin ?Sa voix, posée, presque douce, brisa le silence feutré de l’après-midi. La jeune femme releva la tête, surprise, avant d’esquisser un sourire poli.— Oh… Oui, plutôt.— T’as l’air absorbée. Ça doit être captivant.Elle referma son livre du plat de la main, posant enfin son regard sur lui.— C’est surtout bien écrit. Et puis, j’ai du temps ici, alors j’en profite.Il hocha la tête, un sourire en coin.— Une touriste de passage ou une grande exploratrice en mission secrète ?Elle éclata d’un petit rire, visiblement amusée par sa manière de lancer la conversation.— Ni l’un ni l’autre. Je suis en coopération ici, mais en vacances pour quelques jours.— Ah, intéressant… Française ?— Oui. Et toi ?Peter se redressa légèrement sur son transat, posant son verre sur la table basse.— Allemand. Mais bon, je voyage pas mal.Elle hocha la tête en l’observant un peu plus attentivement. Il fallait avouer que Peter ne ressemblait en rien aux Allemands habituels que l’on croisait en vadrouille dans le sud marocain. Il n’avait ni le ventre proéminent, ni la chemise trop large, ni les chaussettes blanches dans les sandales. Juste un corps parfaitement entretenu, un bronzage doré et cette allure de baroudeur qui attirait l’œil.Je suivais la scène à distance, amusé. Il n’en faisait jamais trop. Il laissait le silence s’installer juste assez pour piquer la curiosité, pour forcer l’autre à relancer la discussion.Elle sembla hésiter un instant, puis demanda :— Et qu’est-ce que tu fais ici, toi ?Peter jeta un regard vers moi, comme s’il cherchait une approbation avant de répondre. Puis, avec son habituel naturel :— Oh, rien d’extraordinaire. On voyage, on profite du pays… On s’amuse.Le "on" n’échappa pas à la jeune femme. Son regard glissa brièvement dans ma direction. Je levai légèrement mon verre en guise de salut, lui adressant un sourire.Elle hésita encore un instant, puis répondit avec un ton plus léger :— Eh bien… Vous avez l’air de bien savoir profiter du voyage.Peter éclata de rire.— Tu n’as pas idée.Laissant Peter à son jeu de séduction, je me levai avec nonchalance, tirant mes bras sous le soleil éclatant.— Bon, frère, je te laisse, j'ai un rendez-vous ce matin.Peter tourna la tête vers moi, un sourcil légèrement levé. Il savait bien que je n'avais rien de prévu, du moins rien dont je lui avais parlé. Mais il ne posa pas de question, préférant me gratifier d'un simple hochement de tête entendu.Hélène, elle, me jeta un coup d'œil rapide, un sourire poli au bord des lèvres. Elle avait bien compris que je leur laissais le champ libre. Peter ne tarda pas à reporter son attention sur elle, et je n'eus pas besoin de me retourner pour savoir qu'ils allaient continuer leur conversation avec encore plus de naturel et d'aisance.Tandis que je m'éloignais à travers le patio, une chaleur différente me parcourut l'échine. Une impatience, une fébrilité, un besoin presque viscéral. Voir Peter jouer son jeu avec cette belle Française avait déclenché quelque chose en moi, une tension diffuse, un appel du corps. Et Daoud s’impose immédiatement à mon esprit.L'image de son torse puissant, de ses mains calleuses mais expertes, de cette ardeur brute qui m'avait pris et repris la nuit précédente. Je revis nos corps enchevêtrés, son souffle brûlant sur ma nue, cette fièvre dévorante qui nous avait consommés sans retenue. L'envie me noua le ventre, s'étendant jusqu'à mes reins. Une impatience sourde. Je n'avais plus qu'une seule idée en tête : retrouver Daoud.Je sillonnai lentement les petits chemins de terre, le moteur de ma moto ronronnant doucement sous le soleil brûlant. La chaleur était déjà accablante, écrasante, et je me demandais comment on pouvait travailler sous une telle fournaise. Je plissai les yeux, scrutant l’horizon à la recherche de Daoud, sachant que le trouver ne serait pas si simple, car il possédait plusieurs parcelles éloignées les unes des autres. Puis enfin, je l’aperçus ; dans une parcelle un peu perdue au fond du vallon.Au milieu des sillons bruns et arides, son corps se mouvait avec une aisance naturelle, rythmé par l’effort. Il était penché sur sa tâche, une houe entre les mains, ses muscles roulant sous sa peau luisante de sueur. Mais ce qui attira immédiatement mon regard fut son débardeur bleu, moulant parfaitement son torse puissant, devenu presque translucide tant il était trempé. Le tissu collait à lui comme une seconde peau, révélant le dessin parfait de ses pectoraux, la courbe de ses épaules larges, la ligne ferme de son ventre plat. À chaque mouvement, le tissu se froissait, se plaquait contre ses muscles, soulignant encore plus sa stature virile. Son visage était en partie caché sous un chapeau de paille usé, ombrageant légèrement ses traits, mais je devinais sans mal son regard concentré, la mâchoire crispée par l’effort. Son sarouel en toile beige, ample mais légèrement remonté sur ses cuisses par la chaleur et l’humidité, laissait entrevoir la puissance contenue de son corps. À ses pieds, de simples sandales en cuir, couvertes de poussière, complétaient cette image brute, sauvage, d’un homme fait pour la terre et le labeur.Je klaxonnai.Il se redressa aussitôt, relevant la tête dans ma direction. Une seconde de surprise passa sur son visage, puis un large sourire fendit ses lèvres. D’un revers de main, il s’essuya le front ruisselant, rejetant en arrière quelques mèches sombres collées par la sueur. Son regard s’illumina d’un éclat amusé en me voyant, et il se redressa complètement, déployant toute sa stature avec une aisance féline.Je ne pouvais détacher mes yeux de lui. Il dégageait une force animale, brute, une virilité exacerbée par cette posture conquérante, ce torse tendu sous son maillot trempé, ces muscles saillants, cette peau luisante sous le soleil. Il n’y avait rien de maniéré chez lui, rien de calculé. Juste cette puissance évidente, celle d’un homme forgé par la terre et le soleil, d’un homme qui n’a pas besoin d’artifices pour être désirable.Il posa sa houe contre le sol et s’approcha de moi d’un pas tranquille, presque nonchalant, mais je percevais cette énergie contenue, prête à exploser à tout moment. Son débardeur, trempé par l’effort, se plaquait contre lui, et je suivis du regard une goutte de sueur glissant lentement de son cou jusqu’à disparaître entre ses pectoraux. Une odeur chaude, mélange de terre, de sueur et de cet effluve indéfinissable qui lui appartenait, m’atteignit alors qu’il s’arrêtait près de moi.Il posa une main sur le cadre de ma moto, son regard plongé dans le mien, un sourire au coin des lèvres.— Toi ici ? lança-t-il d’un ton faussement surpris.Je lui rendis son sourire, laissant mon regard effleurer encore une fois ce torse à peine couvert, cette peau brûlante qui semblait appeler la mienne.— Tu me manquais.Il éclata de rire, un rire grave et profond qui résonna dans l’air chaud, et secoua la tête en se mordant légèrement la lèvre, son regard toujours planté dans le mien. Puis, d’un geste négligé, il agrippa le bas de son débardeur, l’éloigna légèrement de sa peau, le secouant pour tenter de s’aérer un peu, sans doute inconscient de l’effet que cela produisait sur moi.— Ici, c’est pas le Ryad, mon ami. Ici, c’est le vrai Maroc… la chaleur, la poussière, la sueur…Je laisse mon regard glisser lentement sur son corps, sur les contours fermes de son ventre sous le tissu humide, sur l'ombre de son aine sous son sarouel légèrement entrouvert. Chaque mouvement de respiration faisait onduler la toile contre sa peau, révélant furtivement ce qui se devinait déjà sans peine.— Ça tombe bien, moi aussi j'aime le vrai Maroc… ce Maroc-là. ...
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