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Une semaine ou tout a changé 36

Publié par : charlottelam le 23/08/2026
** NEW **

LA SUITE .... Le lendemain du Relais des Camions, je me suis réveillé dans la chambre d’hôtel avec un goût de métal et de diesel encore collé à la langue. Charlotte dormait à côté de moi, une jambe jetée sur la mienne, le bras abandonné sur mon ventre. Le collier était toujours là, froid contre ma peau. Le rosebud aussi. Mon corps était une carte de bleus, de marques de doigts et de traces sèches.Pour la première fois depuis Toulon, je n’ai pas eu envie de continuer.J’ai glissé hors du lit sans la réveiller, je suis allé dans la salle de bain et je me suis regardé longtemps dans le miroir. La perruque était de travers, le maquillage avait coulé, les prothèses semblaient soudain grotesques. Je me suis dit, très clairement : Ça va trop loin.Pas le travestissement. Pas le plaisir d’être Théa de temps en temps. Mais tout le reste. Les parkings, les camions, les inconnus, les films, les colliers verrouillés, les couches en réunion, les pisses, les enchères. J’avais laissé Charlotte et Marc transformer une partie de moi que j’aimais en quelque chose que je ne reconnaissais plus. Et pire : j’avais participé avec un enthousiasme qui me faisait maintenant horreur.J’ai retiré le rosebud, lavé soigneusement, puis je me suis rhabillé en Théo. Chemise, pantalon, mocassins. J’ai laissé la robe en latex et les bas dans un sac plastique. Quand Charlotte s’est réveillée, j’étais déjà assis dans le fauteuil, les mains jointes.— Je rentre, ai-je dit simplement.Elle a cligné des yeux, encore à moitié endormie.— Tout de suite ?— Oui. Et je ne veux plus de soirées comme celle d’hier. Plus de parkings. Plus de routiers. Plus de colliers que je ne peux pas ouvrir moi-même. Je veux… revenir en arrière.Charlotte s’est redressée, le drap glissant sur sa poitrine. Son regard a changé. Moins Maîtresse, plus femme qui comprend qu’elle est en train de perdre quelque chose.— Tu as peur, a-t-elle dit.— Oui. Peur de ne plus savoir qui je suis quand je rentre chez moi. Peur que ma femme découvre. Peur de ne plus pouvoir m’arrêter.Elle a hoché la tête lentement.— D’accord. On freine. Mais ne me demande pas de faire comme si rien ne s’était passé. Toi non plus, tu ne le peux pas.Je suis rentré à Avignon dans l’après-midi. Ma femme m’attendait dans le salon, un livre ouvert sur les genoux qu’elle ne lisait pas. Elle a relevé la tête dès que j’ai poussé la porte.— Tu es rentré plus tôt.— Oui. J’avais besoin de… rentrer.Elle s’est levée, s’est approchée, et a posé une main sur ma joue. Sa paume a glissé jusqu’à mon cou, puis plus bas, sous le col de ma chemise. Elle a senti la peau encore trop douce, les traces de rasage trop nettes.— Tu sens toujours la crème. Et ta peau… Théo, ça fait des semaines maintenant. Les poils ne repoussent presque plus.J’ai baissé les yeux.— Je sais. J’ai exagéré à Toulon. Je te l’ai déjà dit.Elle a retiré sa main. Sa voix est restée calme, mais il y avait quelque chose de dur dessous.— Tu m’as dit que c’était un pari stupide. Un client excentrique. Une soirée qui a dérapé. Mais depuis, tu changes. Ta façon de marcher. La manière dont tu croises les jambes. Ta voix, parfois. Et ces absences. Ces « soirées de travail » avec Charlotte qui se terminent à des heures impossibles.Je n’ai rien répondu. Elle a continué :— Je sais que tu aimes les vêtements féminins. Je l’ai accepté. À condition que tu restes un homme. Que tu gardes un côté masculin. Que ce soit un jeu, un plaisir, pas… une transformation. Là, j’ai l’impression que Théo disparaît un peu plus chaque semaine. Et je ne sais pas ce que tu fais vraiment quand tu n’es pas là.Le silence qui a suivi a été long. Trop long.— Je ne te mens pas sur l’essentiel, ai-je fini par dire. Je m’habille. Parfois. Mais je reviens. Je suis toujours ton mari.Elle a souri, un sourire triste.— Pour l’instant. Mais j’ai peur, Théo. Peur que tu ailles trop loin. Peur que un jour tu rentres et que je ne te reconnaisse plus. Alors je te demande une chose : arrête. Arrête de t’épiler aussi complètement. Laisse repousser. Reprends une barbe de trois jours. Marche comme un homme. Parle comme un homme. Et si tu as besoin de mettre une jupe ou un body, fais-le.J’ai hoché la tête. C’était exactement ce que je voulais entendre, et en même temps ça me serrait la gorge.Les jours suivants, j’ai essayé. Vraiment.J’ai arrêté de me raser de près. J’ai laissé la barbe revenir, même si elle me démangeait. J’ai cessé d’utiliser les crèmes trop parfumées. Au bureau, j’ai repris des postures plus anguleuses, des gestes plus secs. J’ai dit à Charlotte, clairement, que les soirées extrêmes étaient terminées. Elle a accepté, avec une expression que je n’ai pas su déchiffrer — mélange de compréhension et de déception.Mais les frictions à la maison ne se sont pas arrêtées.Ma femme remarquait tout. Un soir, en rangeant le linge, elle a trouvé un body oublié au fond d’une valise. Elle l’a posé sur la table sans un mot. Un autre jour, elle a vu sur mon téléphone une notification de Charlotte (« Tu viens ce soir ? Juste deux heures. »). Elle n’a rien dit, mais elle a dormi dos tourné.— Tu lui parles encore beaucoup, a-t-elle lâché un matin au petit-déjeuner.— C’est ma patronne. On travaille ...

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