La porte de l’appartement s’ouvre sur les effluves familiers de thé à la menthe et de plat mijoté. La mère de Karim nous accueille avec un sourire radieux, les bras ouverts, comme si de nous revoir était le seul bonheur qui comptait. "Enfin !" Elle s’exclame en serrant son fils contre elle, puis se tourne vers moi avec une chaleur qui me réchauffe malgré la tension encore palpable en moi. "Pierre, mon fils, tu nous as manqué !"Le père, assis dans le canapé, lève à peine les yeux de son journal, un hochement de tête en guise de salutation. Son indifférence apparente contraste avec l’énergie presque étouffante de sa femme, mais je sais qu’elle cache une affection plus discrète.Et puis il y a Smaïn. Debout près de la fenêtre, Smaïn qui me lance un regard tendre, un sourire doux aux lèvres. Il ne dit rien, ne pose aucune question, comme s’il avait déjà deviné, ou comme s’il préférait ne pas savoir. Son attitude me rassure et me trouble à la fois : il a l’air heureux de me revoir, mais il y a une retenue dans ses yeux, comme s’il avait compris que certaines choses n’ont pas besoin d’être partagées.Karim, lui, est comme si de rien n’était, saluant sa mère d’un baiser sur la joue, échangeant une tape amicale avec son père, embrassant ses autres frères et sœurs qui arrivent en courant. Il me jette un clin d’œil complice quand il pense que personne ne regarde. Son naturel me sidère. Comment peut-il faire comme si rien ne s’était passé ? Moi, j’ai encore son goût dans la bouche, sa chaleur en moi, et chaque mouvement me rappelle la pression de ses mains, le poids de son désir. Pourtant, il discute avec sa mère comme si nous venions simplement de rentrer d’une balade anodine.Je me tiens un peu à l’écart, les doigts serrés pour ne pas trahir mon trouble, tandis que le reste de sa virilité, là, au creux de mon ventre, me rappelle à chaque instant ce qu’on a partagé. Et je me demande : est-ce que lui aussi le sent, ce feu qui persiste entre nous, ou est-ce que je suis le seul à en porter encore les traces ?Nous nous allongeons sur le lit, nos corps se blottissent l’un contre l’autre, et nos lèvres se rencontrent dans un baiser tendre et complice. Smaïn m’enlace en silence, son souffle chaud contre ma nuque. Je sens son torse se soulever contre ma joue à chaque inspiration, comme s’il retenait un rire ou un grognement.C’est moi qui brise le silence, un sourire en coin aux lèvres. Je mords sa peau, comme pour me donner du courage. Puis je me lance : "Tu te souviens de ce que tu m’as dit après que je t’aie raconté mon croisement avec Karim dans le couloir ?"Il me regarde, les yeux mi-clos, un air à la fois amusé et un peu gêné. Ses doigts se crispent sur mon épaule, comme s’il voulait me retenir ou me pousser vers Karim, je ne sais pas."Ouais…" murmure-t-il."Tu m’as dit que si jamais il devait se passer quelque chose entre Karim et moi, tu t’en foutais…" je lui glisse, en effleurant son torse du bout des doigts.Il éclate d’un rire étouffé, puis m’attire plus près de lui, son front contre le mien. "Ouais… Et c’est toujours vrai." Il murmure, la voix rauque. "T’es mon frère, Pierre. Et Karim aussi. Tu sais, depuis tout petits, on a tout partagé : le même ventre, les mêmes seins, les mêmes goûters, la même école, les mêmes copains, les mêmes bagarres." Il éclate de rire. "Sauf son foot à la con et les filles, puisque moi je suis parti puceau à l’armée. Je crois qu’il a une sacrée avance sur moi dans ce domaine !""Alors, si cela devait arriver, je peux bien aussi partager mon Habibi. L’important pour moi, c’est que je ne te perde pas, et surtout que tu ne me mentes pas.""Alors, on est d’accord…" je réponds, taquin, en lui volant un nouveau baiser.Il ne proteste pas, se contente de me serrer plus fort, comme pour sceller cette complicité entre nous.Il reprend, la voix un peu tendue : "Alors je suppose que tu veux me parler de la piscine ? C’est ça ?"Sans le regarder, ma tête blottie tout au fond du creux de son épaule, je lui narre exactement tout mon après-midi avec Karim, du début à la fin.Il m’écoute en silence, son souffle devenant plus lent, plus profond, comme s’il absorbait chaque mot, chaque détail. Ses doigts, posés sur mon épaule, se crispent par moments, trahissant une tension qu’il ne cherche pas à cacher. Quand je termine, il reste immobile un instant, puis pousse un long soupir, presque un grognement."Putain…" murmure-t-il, la voix rauque, comme s’il digérait l’information. "T’as vraiment osé, toi…"Il se redresse légèrement, me regarde avec un mélange de fierté et d’incrédulité, puis éclate d’un rire sec, presque nerveux. "Mon frère Karim… toujours à pousser les limites, hein ? Et toi, t’es toujours aussi audacieux…"Il me serre contre lui, son étreinte devenant plus ferme, presque possessive. "Bon, écoute…" dit-il, la voix plus sérieuse. "Je t’avais dit que ça me dérangeait pas. Et c’est vrai. Karim, c’est mon frère, et toi…" Il marque une pause, comme s’il cherchait les mots justes. "Toi, t’es mon Habibi. Mon frère de cœur."Il me fixe, les yeux brillants, puis ajoute, plus bas : "Mais putain, Pierre… Faut que tu saches une chose. Si jamais Karim te fait du mal, si jamais il te manque de respect…" Sa voix devient plus dure, presque menaçante. "Je lui casse la gueule. Même s’il est mon frère."Il marque une nouvelle pause, puis son ton s’adoucit. "Mais bon, je vois bien que t’as kiffé…" Il rit à nouveau, plus détendu cette fois. "Et moi aussi, ça m’excite de savoir que t’as pris du plaisir. Alors…" Il hausse les épaules, un sourire malicieux aux lèvres. "Raconte-moi tout. Chaque détail. Surtout ceux où il t’a fait gémir, car avec son zob de foire, tu as dû le sentir passer !"Il me serre encore plus fort, comme pour me rappeler que, malgré tout, c’est avec lui que je suis là, maintenant.Je lui raconte alors tout, chaque détail de cet après-midi avec Karim. Mes mots semblent allumer un feu en lui. Je vois son regard s’embraser, ses pupilles se dilater, et ses doigts, posés sur son ventre, commencer à descendre lentement vers son entrejambe. Son sexe, endormi il y a quelques instants, se réveille sous ses caresses, et son parfum de sueur et de tabac m'envahit.Il commence à se masturber a ...
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