LA SUITE ....Je m’agenouille devant elle, pose mes mains sur ses cuisses.« Alors on annule. »Elle relève la tête, surprise.« On annule tout ? »« Oui. On appelle Gérard. On dit que le projet est plus complexe que prévu, qu’on a besoin de 48 heures supplémentaires pour retravailler les plans en profondeur. On prend la voiture, on file à Saint-Tropez. Loin de Marc. Loin du chantier. Loin de tout. Juste toi et moi. Pour respirer. Pour comprendre ce qu’on est en train de devenir. »Charlotte me regarde longuement. Quelque chose change dans ses yeux. La patronne reprend le dessus, mais avec une douceur nouvelle.« Tu as raison. On part. Aujourd’hui. » Nous passons les coups de fil. Charlotte est magistrale. Elle ment avec une assurance froide : urgence créative, besoin de recul, proposition de nouvelle direction artistique pour la goélette. Gérard accepte sans trop poser de questions, surtout quand elle mentionne qu’elle prendra tous les frais à sa charge personnelle.Marc, lui, reçoit un message très clair :« Réunion reportée. Nous avons besoin de temps pour affiner le concept. Ne nous contacte pas avant lundi. Ni toi, ni tes amis. C’est non négociable. »Puis elle éteint son téléphone professionnel.Nous passons chez Hélène en urgence. Elle nous retire les colliers (non sans un sourire entendu), change mes prothèses pour un modèle plus confortables sur la durée, refait mon maquillage « jour » et me fournit une nouvelle garde-robe plus élégante, moins « pute de luxe » plus sexy sage.Nous prenons la route vers Saint-Tropez dans la voiture de Charlotte, capote baissée, cheveux au vent. Deux valises remplies de tenues féminines, de lingerie, et surtout… sans aucun sextoy, sans collier, sans plug.SAINT TROPEZNous avons quitté Toulon en fin d’après-midi, direction Saint-Tropez. Le trajet d’environ une heure et demie nous a permis de laisser progressivement derrière nous la tension de la réunion et les souvenirs encore brûlants de la nuit précédente. Charlotte avait mis une playlist douce, mélange de jazz et de chansons françaises intemporelles. Sa main reposait souvent sur ma cuisse, caressant distraitement le tissu léger de ma robe. — Pendant ces deux jours, Théa, je ne veux plus de hiérarchie entre nous. Tu n’es plus mon collaborateur. Je ne suis plus ta patronne. On est simplement deux femmes qui ont décidé de s’offrir un moment de liberté totale. Tu es d’accord ? J’ai souri, le cœur battant un peu plus fort. — Oui. Complètement. Mais tu sais que je devrai trouver des excuses solides en rentrant. Ma femme accepte mes tenues féminines… à condition que je reste « un homme » en surface. Là, avec l’épilation complète, les sourcils redessinés, les ongles, la perruque… je vais devoir inventer quelque chose de crédible. — On préparera ensemble un scénario en béton. Pour l’instant, profite. Sois Théa sans retenue.Nous avions réservé à la dernière minute une suite au mythique Hôtel Byblos. En cette fin avril, l’endroit conservait son élégance bohème-chic sans la foule estivale : piscine turquoise entourée d’oliviers et de bougainvilliers, ambiance feutrée, luxe discret. Parfait pour nous.Le premier soir, nous avons flâné dans le vieux port, bras dessus bras dessous, comme deux amies intimes un peu plus que complices. J’étais en robe légère fluide blanche, sandales à talons moyens, perruque au carré souple et maquillage lumineux mais naturel. Charlotte portait une robe patineuse rose poudré qui soulignait délicieusement sa silhouette. Les regards sur nous étaient admiratifs, parfois envieux. Nous nous arrêtions devant les vitrines illuminées, nous murmurions des confidences en riant doucement, nos épaules se frôlant à chaque pas. Après un dîner léger chez La Ponche, vue sur le petit port de pêche encore authentique, nous nous promenions le long des quais quand notre attention a été attirée par un magnifique yacht blanc amarré un peu à l’écart : le Sirius, un élégant superyacht . Long d’une quarantaine de mètres aux lignes pures, il brillait sous les lumières du port, avec son pont supérieur illuminé et une musique douce qui s’en échappait. Trois hommes élégants, visiblement fortunés, discutaient en terrasse en sirotant du champagne. L’un d’eux, un homme d’une cinquantaine d’années aux tempes argentées, au charisme naturel avec un sourire chaleureux, nous a remarquées. Il a levé son verre dans notre direction avec un signe de tête courtois. — Mesdames, si le cœur vous en dit, venez partager un verre avec nous. La vue est encore plus belle depuis le pont. Charlotte m’a regardée avec un sourire espiègle. Nous avons accepté l’invitation. Nous sommes montées à bord du Sirius, présenté par son propriétaire, Alexandre, armateur et entrepreneur dans le luxe. Ses deux amis, Louis (un financier parisien au regard perçant) et Matteo (un Italien au charme méditerranéen, propriétaire de vignobles), nous ont accueillies avec une galanterie raffinée. L’ambiance était feutrée, sophistiquée. Le pont arrière était aménagé comme un salon extérieur : canapés profonds, éclairage tamisé, musique lounge en fond. Nous avons accepté un verre de champagne rosé millésimé. La conversation a coulé naturellement : voyages, art, mode, la beauté de la Côte d’Azur au printemps. Alexandre était particulièrement attentif à moi, complimentant avec tact ma robe, mon sourire, la grâce de mes mouvements. Louis et Matteo entouraient Charlotte avec la même courtoisie. la faisant rire avec des anecdotes de leurs dernières traversées.L’ambiance était électrique sans être pesante : un mélange parfait de séduction et de raffinement. Vers minuit, Alexandre nous a proposé de faire un ...
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